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Darmouth (Nouvelle-Écosse)  – Élevée à Chicago dans l’Illinois, Jean Snow n’aurait jamais cru un jour être une jardinière urbaine éminente dans l’est du Canada. Pourtant, c’est bien ce qu’elle est.

« Je n’avais aucune expérience en agriculture », mentionne Jean âgée de 56 ans. « Mon père Milton a toujours voulu être un agriculteur, il a donc étudié à l’Université d’Illinois en agriculture. Cependant, les terrains étaient trop chers, il s’est donc résolu à bricoler dans un verger, une grange et un jardin.

« Ma mère Dorothy était aussi une amatrice du jardinage. Pourtant, je n’ai jamais pris part à ces activités; en fait, le jardinage ne m’intéressait pas. C’est drôle d’y repenser après toutes ces années parce que mes parents trouveraient sûrement ce que je fais maintenant plutôt chouette. »

Mariée à Bob Kropla, natif de Winnipeg et pilote d’avion à temps plein, ils ont demeuré à différents endroits au Canada avant de s’établir en Nouvelle-Écosse il y a quelques années. Ils sont tous les deux devenus des agriculteurs urbains en 2008 après qu’elle a lu le livre Animal, Vegetable, Miracle de Barbara Kingsolver et trouvé sur le site de l’auteure un lien vers le site des agriculteurs SPIN (culture intensive d’une petite parcelle) de Saskatoon.

Elle y a découvert qu’un des plus grands défis pour les agriculteurs urbains est le manque d’espace. Jean a surmonté cet obstacle en adoptant la méthode SPIN qui comprend une planification stratégique pour les jardins urbains.

« C’est à ce moment que tout a pris forme », explique Jean. « Nous nous sommes présentés au marché fermier cet été-là avec nos aliments et c’était parti. Nous avions notre propre jardin et pendant la deuxième année nous y avons ajouté deux arrière-cours et encore deux autres l’année suivante pour un total de cinq. Je ne connais pas la superficie totale… peut-être un ou deux acres.

« Chaque année, nous essayons quelque chose de nouveau. Lors de la deuxième année, nous nous sommes joints à l’ASC (agriculture soutenue par la communauté). La première année, nous nous sommes concentrés sur les ventes au marché fermier, aux restaurants et à un marchand de fruits et légumes. C’est surprenant la quantité de nourriture qu’on peut faire pousser. Au début, nous avons acheté un réfrigérateur qui servait d’entrepôt sur notre terrasse, mais il était trop petit dès le départ. »

Elle explique que l’ASC est une manière unique de cultiver qui permet de créer des relations sérieuses entre l’agriculteur, le consommateur et la terre. En investissant dans l’exploitation en début de saison, les membres acceptent certains risques intrinsèques à l’agriculture comme les inondations, la sécheresse ou les mauvaises récoltes, mais ils peuvent tout de même profiter d’une récolte incroyablement abondante.

En travaillant avec Rebecca (Becky) Sooksom, qui coordonne une variété de projets innovateurs de THINKFARM en Nouvelle-Écosse, Jean a rapidement bâti la réputation de l’entreprise familiale – appelée Lake City Farm – située dans la ville de Dartmouth. En cours de route, elle a attiré l’attention de plusieurs médias, dont celle des journaux locaux et de la chaîne de télévision CBC.

« Becky a été d’une grande aide, mais nous ne l’avons rencontrée qu’après quelques années dans le domaine », explique Jean. « Nous avons tout fait avec notre propre argent, sans aucune aide externe. J’étais plutôt naïve au départ, je pensais que la Ville et la province seraient en accord  avec notre projet.

« J’ai fait enregistrer l’entreprise au niveau provincial et je suis plus engagée politiquement à l’égard des changements du règlement sur le zonage.  Je suis aussi dans les registres du ministère de l’Agriculture en tant qu’agricultrice, mais il ne semble pas trop savoir que faire de moi. Le zonage n’est pas vraiment conçu pour l’agriculture urbaine et je souhaite changer cela. En ce moment, mon entreprise est considérée comme une entreprise à domicile. »

L’an dernier, le projet a pris de l’ampleur avec l’ajout d’un autre service nommé Your Garden Harvest. Ce service lui permet d’offrir son expertise en jardinage aux propriétaires de maison qui ne veulent pas nécessairement faire le travail ou n’ont pas assez de temps à investir. Elle facture un tarif de départ et un tarif pour l’entretien.

Jean et un apprenti s’occupent des jardins de leurs clients de l’ébauche à la récolte.  Comptant une grande variété de légumes et d’herbes, elle propose des jardins pour tous les besoins et tous les budgets.

« Sur notre terrain, nous cultivons un grand nombre de légumes comme des carottes, des pommes  de terre, des jeunes feuilles de bette à cardes, des jeunes betteraves, de la roquette, des tomates, du cresson, de la romaine et plus encore ainsi qu’un peu de fruits », poursuit Jean, anciennement enseignante et détentrice d’un diplôme en éducation.  « L’an dernier, nous avons semé des citrouilles, mais notre spécialité pour le marché est notre verdure.

« Nous nous rajustons tous les ans parce que c’est difficile d’y gagner sa vie et c’est très exigeant physiquement. Nous avons besoin de l’aide des gens assez souvent. Bob est pilote à temps plein et il n’est pas toujours présent, il a toutefois construit un bon nombre d’infrastructures pour l’entreprise comme la terrasse qui est devenue l’ère d’après récolte, une chambre froide et un système de compostage. »

Ils vendent leurs produits les samedis au marché fermier de Dartmouth, souvent à leur porte aux voisins et amis, au marché local d’Agrocola Street et au marché cubain.

Jean mentionne que ce qui fait qu’une entreprise maraîchère urbaine réussisse comprend une bonne terre, le partage d’information avec les bénévoles et un vrai amour du travail.

« Le conseil que j’ai à offrir à ceux qui sont intéressés à cette entreprise, c’est de ne pas s’endetter parce qu’il y a différentes façons de faire les choses à peu de frais », ajoute-t-elle. « Faites vos devoirs. Quand j’habitais dans l’Illinois, je n’aurais jamais pensé faire ce que je fais, mais j’adore cela.

« Nos enfants Elise et Elliot sont rendus grands, ils sont à l’université, mais ni l’un ni l’autre ne démontrent de l’intérêt pour le métier. Ce qui ressemble à moi lorsque j’habitais à Chicago. Tout ce que je sais, c’est que Bob et moi aimons réellement ce que nous faisons et ce que nous produisons. Nous avons vraiment adopté le concept d’agriculture urbaine. »

Pour plus d’information, consultez le blogue au http://lakecityfarm.blogspot.com/ ou écrivez à jean@lakecityfarm.com.