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Comme on s’y attendait, la Banque du Canada a annoncé il y a quelques semaines qu’elle laissait son taux directeur inchangé. Elle a insisté sur deux points : la prochaine fluctuation pourrait être à la hausse, et cette hausse n’aura pas lieu en 2013.

La Banque a aussi publié, comme chaque trimestre, son Rapport sur la politique monétaire, qui offre un aperçu des économies canadienne et mondiale. Voici les points saillants du rapport au chapitre de l’agriculture canadienne.

Commençons par les facteurs mondiaux. La Chine est un important acteur sur le marché agricole en raison de sa population et du rapport entre croissance des revenus et demande alimentaire. Bien que cette relation soit stable, nous devons continuer à surveiller la croissance en Chine. Le produit intérieur brut (PIB) chinois devrait continuer de progresser, mais un peu plus lentement au cours des deux prochaines années. Le taux de croissance annuel devrait connaître une baisse et s’établir à 7,6 % d’ici 2014, ce qui est tout de même loin d’être une piètre performance.

Le défi de la Chine consiste à maintenir une forte croissance dans une conjoncture où la source de cette progression passe des investissements dans le logement et l’infrastructure aux dépenses de consommation. La population active de la Chine devrait commencer à diminuer sous peu, ce qui risque de ralentir le taux de croissance du pays dans l’avenir.

La bonne nouvelle est que des changements démographiques obligeront les Chinois à mettre l’accent sur l’accroissement de l’efficacité à mesure que la main-d’œuvre se raréfiera. Une diminution du nombre de travailleurs entraînera des pressions à la hausse sur les salaires, ce qui devrait soutenir l’évolution des habitudes alimentaires vers une consommation accrue de protéines animales. Parallèlement, une croissance plus lente risque de ramener les prix des produits de base à des niveaux plus près des moyennes historiques.

En Occident, les États-Unis devraient continuer à connaître une certaine relance économique. Maintenant que l’incertitude financière est en partie écartée, les consommateurs et les entreprises des États-Unis peuvent mieux planifier l’avenir.

Même si les hausses d’impôt et les compressions des dépenses font diminuer le PIB, on prévoit qu’elles seront contrebalancées par l’augmentation des prix des maisons et des dépenses de consommation. Cela pourrait avoir un impact positif sur le secteur canadien de la transformation des aliments s’il en résulte une demande plus élevée d’aliments transformés et une pression à la hausse sur les salaires aux États-Unis. De meilleurs salaires au Sud de la frontière rendent les entreprises canadiennes beaucoup plus concurrentielles.

La Banque du Canada croit que la conjoncture économique en Europe demeure le plus grand risque pour l’économie canadienne. Les mesures d’austérité ne règlent pas les problèmes des Européens, comme en témoigne le taux de chômage qui s’établit à près de 11 % en France et à 26 % en Espagne. Cependant, la période d’austérité en Europe favorise l’agriculture canadienne en atténuant l’impact de la crise sur d’autres parties du monde qui gouvernent les marchés agricoles. Cela dit, si un pays clé de l’Union européenne (UE) manquait à ses obligations au titre de la dette, cela ralentirait l’économie mondiale. Le recul prévu du PIB européen ne présage rien de bon pour les exportations vers cette région, à moins qu’un accord de libre-échange soit signé prochainement.

Dans le contexte de notre économie ouverte, la conjoncture mondiale a une incidence sur les bénéfices des entreprises canadiennes. Les investissements des entreprises, même s’ils sont actuellement relativement modestes, devraient représenter près de 30 % de la croissance de l’économie canadienne au cours des trois prochaines années. L’augmentation de la dette des ménages ralentit et pourrait correspondre environ au taux de croissance du revenu disponible d’ici la fin de l’année, ce qui constitue une bonne nouvelle pour l’économie canadienne.

Compte tenu de la modération des tensions inflationnistes et de l’état léthargique du marché du travail, le taux directeur de la Banque du Canada devrait demeurer bas jusqu’en 2014. La faiblesse actuelle des taux d’intérêt favorise l’accroissement de la valeur des terres agricoles à l’échelle nationale. D’ordinaire, des taux d’intérêt faibles suscitent deux préoccupations : la crainte qu’ils grimpent ou qu’ils n’augmentent pas! Des taux faibles peuvent inciter à la prise de risque, mais, à l’inverse, des taux qui s’enflamment peuvent faire ressortir les pratiques non efficientes de certaines entreprises et les mettre dans une situation difficile.

Une augmentation graduelle des taux d’intérêt qui débuterait dans environ un an, conjuguée à une diminution lente des prix des produits de base vers leurs niveaux historiques, pourrait faire fléchir la valeur des terres agricoles. J’entends par là que le rythme des futures hausses annuelles des prix des terres serait vraisemblablement plus lent que celui que nous observons depuis quelques années. Il serait donc prudent de se laisser une marge de manœuvre financière suffisante permettant de composer avec des taux plus élevés et des recettes des cultures plus faibles.

De nombreux facteurs influent sur la croissance économique. Ce qu’il faut retenir, c’est que même lorsqu’un acteur majeur comme la Chine connaît un ralentissement, la croissance économique plus vigoureuse prévue à l’échelle mondiale au cours des deux prochaines années offre des perspectives positives pour la demande de produits agricoles canadiens et, par conséquent, pour les revenus agricoles au Canada. À court terme, les éleveurs et les producteurs de cultures doivent surveiller les conditions météorologiques et les prévisions concernant les superficies ensemencées dans les principales régions productrices de cultures. Les prochaines estimations du département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) concernant l’offre et la demande mondiales de produits agricoles offriront un portrait des stocks disponibles ainsi qu’un premier aperçu des plans de production des cultivateurs des États-Unis.

Lisez la chronique de Jean-Philippe Gervais dans FAC Express – le bulletin électronique de l’agriculture canadienne. Abonnez-vous à www.fac.ca/express et demeurez au fait des nouvelles, vidéos et balados sur l’industrie.