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Le fil qui unit les histoires de YU Ranch, de la ferme Purple Daze Lavender, de Good Neighbour Farms et de l’établissement vinicole Burning Kiln est celui de l’innovation, et ce fil s’étend à l’échelle du comté de Norfolk. Des dizaines d’entreprises dynamiques offrant des légumes, des petits fruits, du ginseng, de la lavande et des fines herbes ont vu le jour au cours des dernières années, et le comté s’est donné une nouvelle image, soit celle du « potager de l’Ontario ».

« Je crois que la communauté agricole s’est réinventée de façon remarquable », explique John Picard, l’un des entrepreneurs les mieux connus du comté de Norfolk.

M. Picard a grandi sur une ferme céréalière (maïs et soja) et son entreprise est née d’une décision de son père, qui s’est lancé dans la culture de l’arachide à La Salette, dans le nord-ouest du comté en 1979. L’arachide a été l’une des premières cultures de remplacement préconisées dans le comté de Norfolk, jusqu’à ce que les producteurs de l’Ontario se rendent compte qu’il était impossible de rivaliser avec le prix des arachides cultivées en Géorgie et dans d’autres États du sud des États-Unis.

M. Picard a survécu à cette situation en mettant au point un large éventail de produits d’arachides à valeur ajoutée et aujourd’hui, les huit magasins Picard’s Peanuts (picardspeanuts.ca) situés dans le sud de l’Ontario attirent annuellement un demi-million de personnes. Les dix premières années ont été précaires, et M. Picard s’y connaît en matière de revers, de situations déchirantes et de situations où il faut constamment adapter son plan de match. Il a d’ailleurs tenu compte de tout ce qu’il a observé dans le comté dans sa décision de démarrer une nouvelle entreprise, soit une microbrasserie. Il s’agit d’un investissement de plusieurs millions de dollars et d’un projet d’importance à La Salette, ce petit hameau au nord de Delhi où vivent quelques centaines de personnes.

Une partie du plan d’affaires de John Picard repose sur le fait que les installations permettront aussi de fabriquer des croustilles « lavées à la bière » qu’il pourra vendre dans ses magasins. Une autre partie du plan repose sur la nouvelle vocation du comté de Norfolk. Auparavant, les activités touristiques offertes se limitaient pratiquement aux centres de villégiatures situés en bordure du lac Érié. Maintenant que le paysage agricole n’offre plus uniquement que des champs de tabac, on s’attend à ce que le comté attire davantage de visiteurs.

« Dans dix ans, j’espère que les visiteurs diront : Allons prendre un verre à la petite brasserie, dit-il. Je crois que cet endroit fera la fierté de la région. »

La construction n’est pas encore terminée, mais il est facile d’imaginer l’endroit comme une grande attraction. Des six cuves de fermentation en acier inoxydable rutilant (achetées à l’Île-du-Prince-Édouard au coût de 26 000 $ chacune) à la salle de dégustation baignée de lumière et à l’élégante façade en pierres, la microbrasserie de M. Picard est conçue pour impressionner. Le volet agricole est également mis en valeur grâce à une parcelle de houblon sur treillis située à proximité du bâtiment. M. Picard possède aussi, à quelques kilomètres de là, une plus grande superficie consacrée à cette culture. Le houblon fait maintenant partie des plantes du potager de l’Ontario.
Il ne s’agit pas d’un projet vaniteux. M. Picard ne projette pas de passer ses journées à accompagner les visiteurs ni à vanter les caractéristiques de sa dernière pilsen (bière pâle).

« Je bois très rarement de la bière », dit en riant l’homme vêtu d’un jean froissé et d’un T-shirt. « C’est l’aspect créativité qui me plaît. »

Il fait observer que cet aspect constitue le point commun d’un grand nombre de producteurs.

« C’est tout un changement, dit-il. Maintenant, lorsque je regarde autour de moi, je vois de nombreuses personnes courageuses prêtes à sortir des sentiers battus. »