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  Mike Meeker, de Meeker’s Aquaculture, avec ses 30 années d’expérience en pisciculture, ses nombreuses innovations et ses nombreux prix cherche toujours des façons d’améliorer son exploitation et de réduire les risques.  Les fermes Meeker sur l’île de Manitoulin au Lac Huron en Ontario élèvent des truites arc-en-ciel dans des cages sur le lac Wolsey.

« L’élevage de poissons dans des filets est extraordinaire, à la fois pour le poisson et l’environnement, » mentionne monsieur Meeker, qui est également président de l’Association de l’aquaculture du nord de l’Ontario. « J’effectue ce travail depuis trente ans, nous vivons ici, nous élevons notre famille ici et nous avons prouvé qu’il s’agit de la façon la plus respectueuse de l’environnement d’élever des poissons.  J’innove encore dans l’élevage du poisson et j’essaie de respecter dame nature autant que possible ».

Les hivers de l’Ontario et les dommages causés par les glaces figurent parmi l’un des plus importants risques de l’exploitation Meeker.  « J’ai essayé différentes choses pour protéger mes cages de la glace en mouvement, comme l’installation d’estacades flottantes, de barrières de glace autour des cages ou la séparation de la glace, mais en vain, » dit-il.  « J’ai finalement conçu un système de cages pouvant être submergé sous la glace en toute sécurité pendant 28 jours sans dommage ni perte de poissons. Depuis son installation, cette innovation me protège de ce risque potentiel important ».

Le montant et le coût des pertes de l’exploitation représentent également un autre défi. « Un an est requis pour que ces poissons atteignent une taille suffisante pour être vendus, soit environ 1,2 kg (2,5 lb), » explique monsieur Meeker. « Dès que j’amenais ces poissons au marché, 45 % des efforts et de l’investissement requis pour les élever étaient perdus, et cela me dérangeait vraiment. J’ai donc mis de l’avant un projet en collaboration avec l’Université de Guelph afin de transformer ces déchets, qui se dirigeaient vers les sites d’enfouissement, en une marchandise de valeur ».

Le compost de poissons Meeker’s Magic Mix est la résultante de ces efforts, soit le mixage des déchets de l’exploitation de poissons à de la sciure de bois provenant des moulins régionaux. Ce produit commercial est offert dans les magasins Home Hardware et ailleurs. Monsieur Meeker a également utilisé les déchets du processus de compostage et les a convertis en un thé de compost liquide; un produit excellent pour le reverdissement. « À la deuxième étape, nous essayons d’utiliser les déchets des poissons dans une cuve de digestion que j’ai conçue et fabriquée, afin de produire du méthane permettant de générer de l’électricité, » explique monsieur Meeker.  « La matière provenant de ce processus sera utilisée pour la fabrication de compost et du thé de compost ». Monsieur Meeker a reçu deux Prix du premier ministre pour l’excellence en innovation agroalimentaire pour la conception de la cage et les produits de compost.

Possibilités et défis de l’industrie aquacole

Il est reconnu qu’une consommation accrue de poissons comporte des bienfaits pour la santé, ce qui représente d’importantes possibilités pour l’industrie de l’aquaculture en Ontario et ailleurs. « Les rapports de l’ONU et d’autres organisations soulignent la pénurie de poissons dans les océans et si on ajoute les répercussions des changements climatiques cela exacerbe encore davantage le problème qui ne touche pas seulement les océans, mais également les lacs, » ajoute monsieur Meeker. « Nous avons récemment dépassé un jalon, pour la première fois de l’histoire les humains mangent plus de poissons d’élevage que de poissons sauvages ».

Monsieur Meeker voit de grandes possibilités pour l’industrie de l’aquaculture, dont l’élevage de diverses espèces. « En Ontario, les pêcheurs commerciaux attrapaient auparavant des perches et des brochets dans nos lacs, mais nous importons désormais des millions de kilos de poissons de l’Europe, de l’Amérique du Sud et d’ailleurs. Une situation que je déplore, » souligne monsieur Meeker. « Nous possédons des ressources, des pratiques durables, de nouvelles normes écologiques et de l’expertise technique pour produire nos aliments et profiter de ces possibilités. Malgré l’appui important de nombreuses agences gouvernementales réglementaires, le manque d’uniformité amène souvent une agence à nuire à la croissance soutenue par les autres ».

En songeant à cette demande, monsieur Meeker a profité de l’occasion pour collaborer avec un partenaire industriel afin de réaliser une autre innovation dont l’écho s’est répercuté partout au monde. Monsieur Meeker collabore avec la mine locale Vale à l’élevage de poissons sous terre afin de repeupler des lieux locaux. « Nous avons prouvé son fonctionnement, la température et les conditions à 2 072 m (6 800 pi) sous terre sont stables et j’ai conçu une alevinière novatrice exigeant peu d’entretien, en jumelant des techniques simples d’ingénierie et de pisciculture comportant des capteurs et une technologie sans fil de pointe, » explique monsieur Meeker. « Ce système en circuit fermé peut être télécommandé, les déchets de l’exploitation des poissons fournissent les nutriments à la serre souterraine adjacente qui produit des semis pour des projets de reboisement. Ceci représente une occasion intéressante pour l’avenir de la pisciculture ainsi que pour les efforts de mise en valeur ».

L’aquaculture fait face à des défis similaires à ceux rencontrés par les autres exploitations agricoles partout au pays alors que de nombreux agriculteurs et agricultrices approchent de la retraite et que peu de jeunes sont là pour prendre la relève. Monsieur Meeker souhaite trouver une façon de remédier à cette situation. « Je suis très enthousiaste quant aux possibilités de l’élevage d’autres espèces de poissons et de poissons sous terre et mon objectif vise à trouver une façon de rendre cette industrie plus accessible et attrayante pour nos enfants et les nouveaux agriculteurs et agricultrices qui constateront les possibilités immenses de cette industrie. Je veux que l’industrie en Ontario et au Canada progresse et soit davantage pour les jeunes ».