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Hooray!

En théorie, la culture du houblon est un choix parfait pour Meander River Farm, à l’exception d’une chose.

La culture de l’ingrédient qui entre dans la fabrication de la bière n’est pas trop exigeante en main-d’œuvre. Elle représente une source de revenus supplémentaire, possède un énorme potentiel de valeur ajoutée et constitue pour Alan et Brenda Bailey une excellente façon d’attirer d’autres clients sur leur ferme d’élevage de poulets et de porcs et de culture de la lavande située à Ashdale, dans la vallée de l’Annapolis en Nouvelle-Écosse.

L’inconvénient? Les coûts d’établissement élevés d’une houblonnière.

« Les coûts d’établissement moyens dans l’industrie s’élèvent à environ 15 000 $ l’acre, sans compter les coûts d’irrigation », explique Alan Bailey, qui cultive 2,5 acres de houblon sur sa ferme d’une superficie de 186 acres, située à environ 60 kilomètres au nord d’Halifax.

Bien que ce soit peu pour une ferme commerciale de cette taille, il faudrait que les Bailey investissent les dollars après impôt provenant de leur travail de jour (Alan est spécialisé en gestion des technologies de l’information et Brenda est enseignante). Il faudrait aussi que leur investissement ait des retombées.

Le couple a découvert la culture du houblon en 2008 en lisant le magazine Small Farm Canada, dans lequel on mentionnait qu’une pénurie avait fait grimper les prix à des niveaux records au moment où des microbrasseries artisanales voyaient le jour partout en Amérique du Nord.

Ils s’étaient bien gardés de commander des rhizomes de houblon et de démarrer leur propre houblonnière.

« La première chose que nous avons faite a été d’établir des liens avec un brasseur et une compagnie de brassage, raconte M. Bailey. Pour moi, c’était l’étape essentielle, sans quoi il aurait été très difficile pour nous de faire quoi que ce soit. »

Lorsqu’Alan Bailey s’est rendu à Halifax pour rencontrer le propriétaire et le maître-brasseur de Garrison Brewing Company, qui fabrique de la bière artisanale depuis 1997, il a rencontré des gens réceptifs.

« Je crois en l’achat de produits locaux et le propriétaire Brian (Titus) aussi. Il a donc été facile pour nous d’emprunter cette voie », explique le maître-brasseur Daniel Girard.

Bien que Daniel Girard ait été heureux de présenter les diverses variétés de houblon qu’il souhaitait acheter localement et que Brian Titus ait été prêt à verser un prix plus élevé pour obtenir le bon produit, ils demeuraient tout de même prudents.

« Je ne connaissais pas Alan avant qu’il vienne nous rencontrer, raconte Daniel Girard. Nous étions intéressés, mais nous ne voulions pas susciter trop d’espoir compte tenu du fait que tout le monde parle de la culture du houblon comme si c’était une mine d’or. Ce n’est pas aussi facile. Alan a été très réaliste, très rapidement, et ce fut une bonne chose. »

While many enterprising, small-scale hops growers have done very well, there’s also plenty of room for missteps and Bailey was keen to get all the advice he could. Along with talking about varieties and production schedules (the ‘wet’ or non-dehydrated hops from Meander River Farm had to be brewed into beer within 24 hours of harvesting), Bailey also knew it would be critical to get a premium price.

« Le fait est que le houblon est une marchandise de base et lorsque vous cultivez de faibles volumes, vous ne pouvez pas livrer concurrence en jouant sur le prix. »

Après avoir obtenu une réaction encourageante de la part de Daniel Girard et de Brian Titus, les Bailey se sont penchés sur les défis agronomiques qui les attendaient. Et ils étaient nombreux : sélection des variétés adaptées à leur région, préparation du sol, choix du système de tuteurage (un plant de houblon peut atteindre quelque 20 pieds de hauteur) et des moyens de lutte contre les mauvaises herbes et les organismes nuisibles. Tout comme le raisin à vin, le houblon possède aussi un goût de terroir, c’est-à-dire des caractéristiques uniques liées au climat et au sol où il est cultivé. Les Bailey souhaitaient aussi obtenir des conseils auprès d’experts dans le domaine.

Il y avait beaucoup de choses à apprendre. Une fois de plus, les Bailey se sont tournés vers les autres, ont tissé des liens avec des producteurs locaux et ont participé à la mise sur pied de la Maritime Hop Growers Co-operative.

« Lorsque vous cultivez à petite échelle, vous devez être créatif. C’est pourquoi il est si important d’avoir la possibilité d’échanger avec d’autres producteurs de votre région, explique M. Bailey. Ce qui fonctionne pour une ferme de 500 acres à Yakima, dans l’État de Washington (cœur de la production de houblon en Amérique du Nord), peut ne pas fonctionner ici. C’est vraiment super de pouvoir rencontrer des producteurs locaux pour leur demander : Avez-vous ce problème et que faites-vous pour le résoudre? »

La coopérative, qui compte environ dix membres, effectue des achats groupés et a obtenu de l’aide financière du gouvernement fédéral pour faire venir des experts du Québec et du Colorado. Ces derniers leur ont donné de précieux conseils sur la culture du houblon (de la plantation et de la lutte contre les maladies au moment idéal pour récolter).

Cette collaboration procure des avantages évidents, mais établir une collaboration fructueuse peut se révéler un exercice délicat, explique M. Girard, qui a rendu visite aux Bailey à de nombreuses reprises, en partie pour voir comment évoluait la houblonnière mais aussi pour apprendre à mieux connaître les Bailey.

« En affaires, les liens sont très importants et c’est toujours une question de chimie : aimez-vous la personne ou non? » fait observer M. Bailey.

« J’étais certain que l’aspect monétaire n’était pas la première chose à laquelle Alan avait pensé. Il était conscient du fait que la culture du houblon allait être exigeante et j’étais en mesure de constater son intérêt. »

Après avoir établi leur houblonnière avec succès (plantation en 2009 et pleine production cette année), les Bailey tirent maintenant profit de leur investissement initial sur la ferme (facebook.com/MeanderRiverFarm). Ils fabriquent déjà des produits à base de lavande et s’affairent à mettre au point des produits à base de houblon, comme de l’huile à friture et du poivre houblonné.

« L’huile essentielle de houblon peut entrer dans la fabrication de divers produits à valeur ajoutée tels que des savons et des gels douche », explique Alan Bailey.

Les plants géants de la houblonnière sont aussi une grande attraction.

« Les gens manifestent un engouement pour la lavande, mais sont étonnés par le houblon, souligne Alan Bailey. Un jour, nous aimerions pratiquer l’agriculture à temps plein. Notre objectif ultime est de devenir une destination agrotouristique. »

Ce jour n’est peut-être pas loin. Les Bailey ont obtenu du financement et sont prêts à démarrer leur propre microbrasserie une fois qu’ils auront franchi toutes les étapes liées au zonage.

« Nous ne pratiquons pas l’agriculture à temps plein, mais nous aimerions le faire parce que la ferme est ce qui nous procure le plus de plaisir », confie Alan Bailey.

En raison de leur attitude, tant envers l’agriculture qu’envers la collaboration avec les autres, Daniel Girard prédit que ce jour viendra.

« Lorsque j’observe Alan et Brenda sur leurs terres, je vois les gens les plus heureux du monde, raconte M. Girard. Je les regarde et je me dis : Ils sont nés pour être agriculteurs. »