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Réjean Pommainville, de Limoges, en Ontario, vieillit à la même vitesse que tout le monde mais il semble le sentir plus rapidement, ce qui est pénible aussi pour sa femme, Barbara Pommainville, qui ne peut faire rien pour l’aider. Tout cela à cause d’une blessure survenue en milieu agricole.

Le 17 juillet 2009, les Pommainville traitaient 45 bovins laitiers et c’était le milieu de la saison des foins. « C’était un vendredi après-midi et nous avions de petites balles carrées à décharger, » se rappelle Réjean Pommainville. « C’était quelque chose que j’avais fait toute ma vie. » Mais ce jour-là, quand il grimpait sur la charrette de la même façon dont il l’avait fait des centaines de fois, M. Pommainville est tombé un peu plus de 2,7 mètres (un peu plus de neuf pieds) et a atterri maladroitement mais les pieds en premier. L’impact a fracassé son talon.

Barbara Pommainville se souvient d’être revenue du travail, quand elle a trouvé son mari sur le sofa se plaignant d’une entorse à la cheville. Ils n’avaient aucune idée de la gravité de sa blessure jusqu’au moment où l’hôpital local a annoncé la nouvelle qu’on ne pouvait rien faire pour lui et il devrait consulter un spécialiste à Ottawa.

« Le médecin m’a dit, ‘cela changera votre vie pour toujours,’ » se rappelle Réjean Pommainville. Grâce aux talents du spécialiste, 14 vis, quelques broches, et deux mois utilisant des béquilles, il pouvait marcher encore une fois, mais il savait qu’il ne serait jamais le même. « J’avais traité des vaches depuis que j’étais un petit garçon, mais l’exploitation laitière est très exigeante physiquement et si l’on ne peut pas faire le travail correctement, on ne restera pas longtemps dans le métier, » dit-il. Il fallait se débarrasser des vaches.

Réjean Pommainville se dit chanceux parce qu’il sait que cela aurait pu être plus grave. Après tout, la ferme à sa troisième génération demeure exploitée, mais plutôt avec des cultures de rente. « J’ai un peu plus de temps pour voyager, alors nous pouvons voir le monde, » déclare-t-il vivement. « Il y a une vie après les vaches ». Mais il doit admettre qu’il a presque 60 ans et il sent la douleur de la blessure plus que jamais. S’il travaille trop longtemps, il doit boiter. « Quand on a une blessure, c’est après sa retraite que la douleur se manifeste, » avertit-il. « On a toujours entendu que le temps apporte les malaises et douleurs mais jusqu’au présent je pensais que c’était une histoire à dormir debout. » Tout cela à cause d’une fraction de seconde, quand il effectuait un travail qu’il faisait tout le temps.

« Nous ne sommes pas indestructibles, » réfléchit Barbara Pommainville.

« Une chute depuis une charrette peut facilement se produire. ».
Selon les données sur les blessures en milieu agricole, les chutes depuis une hauteur sont la quatrième cause des accidents mortels en milieu agricole non liés à la machinerie au Canada (Surveillance des blessures dans le secteur agricole au Canada), et la deuxième cause des hospitalisations non liées à la machinerie (Surveillance des blessures dans le secteur agricole au Canada).

Glen Blahey est spécialiste en sécurité et santé agricoles à l’Association canadienne de sécurité agricole (ACSA). « Le fardeau économique des blessures liées à une chute peut être très grand pour les producteurs, » dit-il. « Réjean avait probablement grimpé une meule de foin instable un million de fois sans que rien n’arrive. Mais il suffit d’une fois où quelque chose tourne mal, » ajoute-t-il.

Sheila James travaille chez Workplace Safety & Prevention Services comme conseillère en sécurité agricole, elle élève des bovins de boucherie, et elle est impliquée avec des bénévoles de la sécurité agricole en Ontario, y compris le Pommainville, depuis plusieurs années.

Son père a subi une blessure en milieu agricole en 1992. À ce moment elle travaillait comme auxiliaire médicale à New York.

Mme James dit que rien ne peut vous préparer pour l’impact d’une blessure sur votre propre famille. Elle ajoute que même les agriculteurs les plus conscients de la sécurité peuvent être victimes de blessures qui changent ou mettent fin à la vie, et que la récolte du foin est une activité extrêmement sensible à la météorologie et il est facile de se sentir pressé. C’est dans ces circonstances que les blessures surviennent. « Les agriculteurs apprennent bien des erreurs d’autres personnes, » dit-elle. « Ce que j’ai appris de la sécurité agricole est que, dans chaque tâche que j’accomplis, je réfléchis à toutes les étapes à suivre même avant de commencer. »

Glen Blahey est du même avis. « Si vous faites la fenaison, avez-vous besoin de grimper une meule, ou est-ce qu’une machine pourrait le faire pour vous? Si vous avez besoin de monter, est-ce que les balles carrées sont empilées de façon pyramidale, ce qui est plus stable et plus sécuritaire à grimper, ou essayez-vous de grimper une surface verticale? Êtes-vous pressé ou privé du sommeil? demande-t-il, ajoutant que ce sont tous des facteurs qui peuvent contribuer à une chute dangereuse.

Depuis la blessure de Réjean Pommainville, le couple a appris à mieux apprécier la famille et les amis. « Beaucoup d’amis et de membres de famille dont venus à notre aide, » dit Barbara Pommainville. Pour les remercier, ils ont donné une fête de quartier. Depuis ce temps, l’événement est devenu une tradition estivale annuelle. « Je crois qu’il est important d’avoir un secours, vous savez, des amis et des membres de famille qui peuvent vous aider, » ajoute Barabara Pommainville. Elle dit que si elle pouvait offrir des conseils, ce serait de cultiver de bonnes relations avec vos voisins et votre parenté.

Réjean Pommainville est d’accord. « Quand quelque chose arrive, c’est bon d’avoir des voisins. »

Les Pommainville sont une de quatre familles de producteurs provenant de partout au Canada qui partageront leurs histoires sur YouTube dans la période précédant la Semaine canadienne de la sécurité en milieu agricole de 2014. Cette année la campagne d’éducation sur la sécurité agricole aura lieu du 9 au 15 mars sous le thème « Parlons-en! » qui est axé sur l’importance de la communication dans le lieu de travail agricole. La campagne est organisée par l’Association canadienne de sécurité agricole et la Fédération canadienne de l’agriculture, avec le soutien cette année du Gouvernement du Canada dans le cadre de Cultivons l’avenir 2, Financement agricole Canada, Ag for Life, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural de l’Alberta, CHS, Imperial Oil et Pioneer Hi-Bred Limited. Pour visionner leur histoire, visitez www.semainesecuriteagricole.ca.