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Les Nations Unies ont proclamé 2012 l’Année internationale des coopératives afin de reconnaître le rôle de ce modèle d’entreprise dans le développement économique et social. Les coopératives sont établies au Canada depuis plus de 100 ans; en ce moment, on en compte plus de 9 000 qui contribuent au développement régional et international.

Le rapport annuel de 2010 du Secrétariat aux coopératives canadiennes sur Les 50 plus importantes coopératives non financières au Canada affiche quatre coopératives agricoles en tête de liste, y compris la Federated Co-operatives Limited (FCL) de la Saskatchewan, deux coopératives du Québec — La Coop fédérée et Agropur — et la United Farmers of Alberta Co-operative Ltd (UFA). Ces « 50 plus importantes » coopératives ont généré des revenus de 24,8 milliards de dollars canadiens, procuré 38 700 emplois, représenté 4,8 millions de membres et géré 11 milliards de dollars d’actif.

Le contexte des coopératives agricoles est en évolution

Dans l’Ouest canadien, les coopératives agricoles ont un très long passé. Les coopératives agricoles de vente au détail comme la FCL vont très bien et les coopératives financières, comme celles d’épargne et de crédit, prospèrent. Ce n’est toutefois pas le cas pour les coopératives de produits du grain des Prairies.

Murray Fulton, professeur à la Johnson-Shoyama Graduate School of Public Policy de l’Université de la Saskatchewan, étudie les coopératives depuis plus de 20 ans. « Dans les Prairies, les coopératives agricoles ont malheureusement éprouvé des difficultés au cours des dernières années », mentionne M. Fulton. « Depuis 1995, l’Ouest canadien a perdu toutes ses coopératives de grain, en plus de deux importantes coopératives, une laitière et une de transformation de la volaille. L’avenir rapproché des coopératives de points de chargement du grain et de terminaux de producteurs indépendants pourrait aussi être pénible. »

L’industrie du grain a perdu trois coopératives importantes — le syndicat du blé de la Saskatchewan (SWP), de l’Alberta et du Manitoba — au profit d’entreprises privées. L’industrie du grain continue de changer avec l’élimination récente de la Commission canadienne du blé et, en mars 2012, le rachat de Viterra par Glencore International de la Suisse.

« Nous avons tenté de déterminer la différence entre les coopératives de vente au détail qui prospèrent et les coopératives de grain qui échouent », explique M. Fulton. « Notre étude sur le SWP par exemple démontre que le surplus de confiance des dirigeants et le manque de supervision adéquate des gestionnaires ont été des facteurs clés, et ces problèmes peuvent survenir dans les coopératives et les entreprises privées, comme dans les sociétés d’État. Ces échecs majeurs surviennent parce que soit les gestionnaires refusent de reconnaître le besoin de changement, soit ils n’ont pas la capacité de prédire le coût des changements. http://www.schoolofpublicpolicy.sk.ca/fulton/?p=64 M. Fulton a publié un article en 2006 présentant des conseils pour les coopératives qui doivent jongler avec des changements économiques et sociaux importants qui sont toujours d’actualité.

M. Fulton note que la FCL a rencontré certains défis, mais qu’elle va très bien aujourd’hui. « À l’inverse des coopératives de grain, celles de vente au détail ont toujours fonctionné dans un milieu plus concurrentiel », ajoute M. Fulton. « La FCL a mis en place un système réciproque solide grâce auquel les investissements de la FCL ont profité aux coopératives régionales, comme l’investissement pour moderniser leur raffinerie de pétrole, tout comme la FCL a profité des investissements des coopératives régionales. Ils ont été en mesure de saisir quelque chose qui a échappé aux coopératives du grain. »

Une nouvelle étude se penche sur les organisations agricoles de cotisations qui participent à la recherche et au développement. M. Fulton s’intéresse en particulier à la prise de décision au sein de ces organisations collectives et à ce qui pourrait les aider à saisir les occasions exceptionnelles offertes.

« Comme toute industrie, les coopératives suivent aussi des cycles et pour les nouveaux marchés émergents et de spécialité ou les organisations appelées de façon générale organisations d’économie sociale (celles procurant des services essentiels comme l’hébergement et le soin des aînés) une sorte d’entente commerciale collective ou de structures d’entreprise de style coopératif peut bien fonctionner », ajoute M. Fulton. « Au Canada, aux États-Unis, en Chine et dans d’autres parties du monde, des actions positives sont en train de se produire. Si certaines sont sous forme de coopératives, d’autres ne le sont pas tout à fait, elles mènent cependant toutes des actions de type collectif propres aux coopératives. »

Le mouvement de coopérative d’aliments biologiques locaux prend de l’ampleur en Ontario et ailleurs

Le mouvement d’aliments biologiques locaux constitue un domaine où les actions collectives et les coopératives sont en croissance. Russ Christianson, développeur de coopérative à l’Ontario Co-operative Association, a réalisé une étude de Baseline Market Research en 2010 appelée « The State of Organic Food and Co-operative ».

« Au cours des cinq dernières années, une explosion des coopératives d’aliments locaux s’est produite en Ontario et ailleurs au Canada », mentionne M. Christianson. « Bien que les nombres ne sont pas officiellement compilés, elles sont près de quatre fois plus nombreuses aujourd’hui qu’en 2010 en Ontario, pour un total d’au moins 80 groupes. Et qu’ils emploient la structure officielle d’une coopérative ou non n’est pas vraiment important, mais il s’agit du fait que les agriculteurs travaillent ensemble. Je crois que ces petites exploitations agricoles familiales travaillant ensemble et effectuant une espèce de distribution directe aux consommateurs ou à ceux qu’ils appellent les « mangeurs » constituent la vraie clé. »

Les revenus agricoles ont diminué depuis les 30 ou 40 dernières années, et la fraction du dollar alimentaire que les agriculteurs touchent est d’environ 20 cents au dollar aujourd’hui comparativement à 45 ou 50 cents dans les années 1970. « Ces coopératives de distribution directe entre les mangeurs et les producteurs, parfois même incluant d’autres partenaires de la chaîne de distribution, permettent aux agriculteurs de toucher environ 60 cents au dollar », explique M. Christianson. « Du point de vue de la durabilité, il est évident que l’aspect économique doit être présent afin que les communautés rurales et les fermes de petite taille demeurent rentables. »

La relève constitue un autre énorme défi que l’industrie agricole canadienne et d’autres petites entreprises doivent surmonter. M. Christianson croit que les coopératives offrent une solution fortement positive et possible à la relève. Certaines exploitations familiales n’ont personne qui soit prêt à reprendre l’entreprise et il y a amplement de jeunes qui aimeraient être agriculteurs, un grand nombre d’entre eux provenant des régions urbaines. Il est rare cependant qu’ils détiennent le capital ou les ressources nécessaires pour reprendre une exploitation d’eux-mêmes.

« La mise en commun de manière coopérative de capital et d’aptitudes, d’habiletés et de connaissances par l’entremise de coopératives multilatérales et de travailleurs constitue une des façons intéressantes d’offrir des stratégies de relève », mentionne M. Christianson. « D’une façon ou d’une autre, les gens trouvent toujours des solutions innovatrices et créatives pour travailler ensemble pour accomplir quelque chose qu’ils n’auraient pu faire seuls. Je pense aussi qu’il serait très intéressant pour les coopératives émergentes d’aliments locaux organiques de s’associer à celles bien établies afin de partager de l’information et des connaissances. Elles peuvent toujours apprendre les unes des autres. » Surveillez les évènements de célébration de l’Année internationale des coopératives partout au Canada.